LIGNE A TRES HAUTE TENSION

JEAN-YVES GABBUD - LeNouvelliste 17. Juni 2011

Les opposants ont commandé une nouvelle étude qui montre la faisabilité de l'enfouissement.

"Des tracés pour l'enfouissement complet de la ligne à très haute tension entre Chamoson et Chippis existent et sont réalisables."  C'est l'ingénieur Philippe Bianco, mandaté par les opposants à la ligne aérienne que projette de construire Alpiq, qui l'affirme. L'idée consiste à créer sur les abords du Rhône une gaine technique contenant la ligne électrique, en béton de six mètres sur trois enfouie sous deux mètres de terre.

Plusieurs variantes

Les experts mandatés par l'Etat du Valais avaient estimé que cette solution n'était pas envisageable en raison des délais de réalisation de la troisième correction du Rhône. Philippe Bianco conteste cette vision des choses. Il constate que le fleuve ne sera élargi, s'il l'est, que sur un côté de son lit. Il est donc tout à fait possible de faire passer la gaine technique sur la rive où la digue ne sera pas déplacée. Un, voire deux passages sous le Rhône seraient alors nécessaires, puisque l'élargissement ne se fera pas partout sur la même rive. "C'est techniquement tout à fait réalisable",  déclare l'ingénieur.

Ce dernier a aussi étudié d'autres variantes de passage de la ligne enterrée, qui pourrait aussi prendre place sur la nouvelle digue déplacée du Rhône, là où le fleuve sera élargi.

Les avantages

Si la variante de l'enfouissement est plus onéreuse que l'option aérienne, elle présente plusieurs avantages. "Si on fait passer la ligne en bordure du Rhône, elle se trouvera sur des terrains appartenant à la collectivité, il n'y aura donc plus de problème d'opposition de privés",  déclare Bertrand Zufferey, le président du comité référendaire qui ajoute: "Une ligne enfouie engendre trois fois moins de perte d'énergie qu'une ligne aérienne. De plus, l'enfouissement de la ligne donnerait du travail aux entreprises valaisannes, ce qui n'est pas le cas avec la variante aérienne." Les opposants à la ligne aérienne vont remettre au Tribunal fédéral l'étude de Philippe Bianco, ainsi qu'au Conseil d'Etat, au Comité de suivi et à l'Office fédéral de l'énergie. Ils souhaitent que le Conseil d'Etat demande maintenant une étude de détail de leurs propositions et qu'une discussion avec les responsables de la troisième correction du Rhône soit rapidement engagée.

Un film et une initiative fédérale

Bertrand Zufferey et son équipe poursuivent leur combat sur d'autres fronts. Ils ont réalisé un film de 2 minutes 30, présenté hier à la presse, montrant de manière assez spectaculaire l'impact sur le paysage qu'aurait la ligne aérienne. Il sera mis en ligne sur l'internet.

L'opposition aux lignes électriques aériennes va aussi prendre une tournure nationale. L'association Haute tension sous terre, présidée par le conseiller national Jean-François Steiert (PS/FR), a décidé de lancer une initiative fédérale.

24. Feb 2015